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Traitement de la Dépression


Définition

Il arrive à tout le monde d'avoir des passages à vide, des moments d'abattement, d'impuissance, de résignation ou de tristesse, par exemple après la perte d'un être cher ou la perte de son emploi, mais généralement cela ne dure pas. On finit par se reprendre et repartir de l'avant. Mais, parfois que cet état se prolonge d'une façon anormale, pendant des mois ou même des années, on peut alors parler de dépression, ou d'état dépressif.

La personne en dépression se perçoit comme inapte, incapable, indésirable, indigne. Elle perçoit le monde extérieur comme trop hostile, exigeant, plein d'obstacles insurmontables. Elle croit que le futur ne lui réserve que déceptions, difficultés, échecs et rejets. Le manque de réalisation en période de dépression alimente et entretient cette perception: "je ne suis pas à la hauteur", "c'est trop difficile", "il n'y a rien qui change", "je ne m'en sortirai jamais", etc.

Les symptômes

On peut parler de dépression lorsque de deux à quatre des symptômes suivants sont présents de façon persistante pendant au moins deux semaines et s'accompagnent d'une altération marquée du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants:

D'autres symptômes sont souvent présents, même s'ils ne constituent pas des critères pour reconnaître la dépression:

Certaines personnes peuvent présenter des attaques de panique. Il arrive que des symptômes d'anxiété envahissants "cachent" la dépression.

Les idées de suicide sont toujours à prendre très au sérieux. Les psychiatres américains estiment que jusqu'à 15 % des sujets présentant un trouble dépressif majeur sévère se suicident.

Modèle thérapeutique

Des études ont montré la présence de différentes dysfonctions neurobiologiques chez les gens déprimés. Entre autres, les niveaux de sérotonine et de noradrénaline (des neuro-transmetteurs) sont impliqués dans la dépression. L'aspect physiologique n'est pas pour autant nécessairement "la cause" de la dépression.

Il s'agit en fait d'un cercle vicieux où chaque facteur influence et aggrave l'autre: des pensées négatives ont pour effet d'abaisser l'humeur, ce qui entraîne un certain déséquilibre dans la chimie du cerveau qui diminue d'autant plus l'humeur et renforce les pensées négatives.

Ces pensées négatives sont souvent inconscientes, mais pas toujours, elles peuvent avoir une origine très variée. Il peut exister des processus actifs qui générent de façon inconsciente des pensées négatives, mais il peut aussi s'agir de réaction à des stimulis ordinaires de la vie qui sont interprétés de façon négative à cause de certaines croyances rigides.

Les pensées négatives génèrent une émotion négative, de la tristesse essentiellement, qui produit des comportements et des troubles physiques caractéristiques: pleurs, abattement, manque d'énergie, etc. Les croyances de la personne sont telles qu'elles provoquent une inhibition de l'action, "à quoi bon", "ça ne sert à rien", etc., qui empêche toute rétroaction sur les stimuli extérieurs ce qui maintient la personne dans l'état dépressif.

Les processus inconscients n'étant pas modifiables consciemment par la personne, la seule solution pour diminuer les émotions négatives est un comportement de compensation: alcool, boulimie, comportements qui mettent la vie en danger, etc., et à la limite le suicide est perçu comme la seule solution définitive à l'arrêt du processus.


Les traitements

La première chose à faire est d'identifier et de neutraliser la source inconsciente d'émotion négative responsable de l'état dépressif. Ceci est fait par diverses techniques d'exploration sous hypnose suivies par des techniques de restructuration des expériences et des émotions associées.

Ensuite, on travaille sur les croyances qui interviennent aussi dans la génération de pensées négatives. Une fois que celles-ci ont été identifiées, un travail de recadrage sous hypnose, permet de revivre ces expériences avec un point de vue différent, celui de l'adulte actuel. Il s'en suit une modification ou une suppression complète de la croyance.

Les croyances à modifier sont parfois nombreuses et très ancrées chez la personne, ce qui nécessite alors un travail de rééducation progressif qui peut être assez long. Ce travail sur les croyances a pour conséquence une amélioreration de l'estime de soi.

La répartition du travail entre la source inconsciente et les croyances est variable suivant les individus. Chez certains, c'est le travail sur la source inconsciente qui prédomine, chez d'autres c'est le travail sur les croyances qui apporte le plus de résultats positifs.

Exemples de cas

1) Amandine P., 52 ans, directrice d'école

Amandine vient me voir initialement pour un problème de poids. Elle se venge sur la nourriture (de quoi se venge-t-elle ?). Elle a deux enfants de 28 et 30 ans, mais elle est en cours de divorce et vit seule. Elle a déjà suivi deux psychothérapies dans le passé, dont une juste après la séparation d'avec son mari, il y a deux ans de cela.

Il est clair que pour elle la nourriture est une compensation, un plaisir qui vient cacher une souffrance intérieure, elle dit que ça la remplit, la réchauffe, la répare. Elle a l'impression d'être une écorchée vive. Elle se sent comme une alcoolique, et la comparaison est judicieuse, car il s'agit du même mécanisme de compensation.

Amandie a une faible estime d'elle-même, elle se sent "sotte", "nullissime", "pas à la hauteur", elle pense qu'elle ne mérite pas d'être heureuse, et qu'elle doit toujours prouver qu'elle est la meilleure. Elle aime bien les relations sexuelles, mais sa mère lui a toujours dit que c'était "sale" et Amandine ressent un fort sentiment de culpabilité lorsqu'elle en a. Elle en veut encore a son père pour sa brutalité physique et morale, ainsi que certains comportements ambigus qui l'ont mise mal à l'aise.

La thérapie a consisté en 8 séances réparties sur 4 mois. Le travail d'exploration sous hypnose a permis de mettre à jours les mécanismes inconscients qui généraient le sentiment d'impuissance à l'origine de l'état dépressif. Il s'agissait de conditionnements provenant de l'éducation d'Amandine, de ses relations conflictuelles avec son père, des principes moraux de sa mère qui lui interdisait les plaisirs en général et le sexe en particulier, du deuil de sa relation à son ex-mari qui n'était pas terminé, et de certaines autres expériences qui lui avaient faire croire, à tort, qu'elle était nulle. Des techniques de renforcement de l'ego lui ont permis de retrouver confiance dans ses capacités et de se sentir à nouveau capable d'affronter les difficultés ordinaires de la vie.

En trois mois Amandine avait déjà perdu 9 Kg. A la fin de la thérapie elle se sentait bien, plus du tout triste, elle ne ressentait plus le besoin de manger pour compenser. Pleine d'énergie, elle s'était inscrite dans des sites de rencontre sur Internet, faisait des projets d'avenir et avait nettement repris goût à la vie.

2) Raphaël Z., 16 ans, lycéen

Raphaël est envoyé par sa mère, car depuis quelques mois il n'a plus envie de rien faire et ses résultats scolaires sont en chute libre. Il se trouve que ses parents sont aussi en cours de divorce depuis quelques mois.

L'exploration sous hypnose a confirmé que c'était bien le divorce de ses parents qui était à l'origine de sa dépression. Certaines techniques ont permis d'arrêter les processus inconscients qui le perturbaient et l'empêchaient de se concentrer sur son travail.

Après la thérapie, qui n'a consisté qu'en seulement 2 séances, Raphaël est encore un peu anxieux en ce qui concerne son avenir, ce qui est normal vu sa situation, mais il se sent mieux, il a pu se remettre au travail et ainsi sauver son année scolaire.

3) Monique F., 38 ans, secrétaire

Monique souffre de dépression depuis 10 ans, à la suite d'une séparation amoureuse. Juste après le début de sa dépression, elle a passé 45 jours en hôpital psychiatrique. Elle a eu l'impression que sa vie s'était arrêtée à ce moment-là.

Elle se sent mal dans sa peau, elle manque de confiance en elle: "je suis nulle", "je suis inintéressante", "je ne suis pas à la hauteur", elle a peur d'être ridicule. Elle n'a pas de désir, et elle n'a plus de relation sexuelle depuis 5 ans bien qu'elle vive avec un concubin. Elle se sent parfois étouffer sans raison, elle a peur des ascenseurs et des transports en commun. Elle pleure très facilement, par exemple en regardant un film au cinéma. Elle a parfois des crises d'angoisse, et elle rougit facilement. Avant de dormir, elle se prépare un plateau avec des friandises, des gâteaux et du chocolat. Quand elle se sent trop mal, elle ne va pas à son travail, elle reste chez elle, au lit et elle mange.

La thérapie a été longue, 18 séances réparties sur un an, mais elle a été concluante. Les sources inconscientes de pensées négatives étaient liées au deuil de deux relations amoureuses, et ont été arrêtée en deux séances, tout le reste de la thérapie a consisté au travail sur les croyances et sur le renforcement de l'ego. Les changements ont été progressifs, les croyances étaient fortement ancrées du fait de la violence et l'impulsivité de son père pendant son enfance, de plus le fait qu'elle vivait avec un concubin qu'elle n'aimait pas compliquait la situation.

A la fin de la thérapie, Monique avait recommencé à avoir des relations sexuelles, après 5 ans d'arrêt total. Elle se disait heureuse, se sentait à l'aise en toute compagnie et parlait librement sans avoir à chercher ses mots.

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