
La peur est une émotion de base, c'est-à-dire une réaction automatique de notre cerveau qui fait réagir tout notre corps.
La peur est déclenchée lorsque notre organisme perçoit un danger. Elle sert à nous prépare à affronter ce danger, soit en le combattant, soit en fuyant ou en se cachant.
La peur est utile, car elle nous permet d'une part d'être plus efficaces dans les situations à risque pour notre sécurité, et d'autre part, du fait que nous mémorisons les évènements ayant provoqué la peur, nous essayons par la suite d'éviter de nous retrouver dans des situations similaires. Pratiquement tous les animaux connaissent la peur, c'est une réaction très ancienne du point de vue de l'évolution des espèces.
Un stimulus sensoriel évoquant la présence d'un danger pour l'organisme va d'abord atteindre le thalamus. De là, il sera pris en charge par deux voies parallèles : la voie thalamo-amygdalienne (route courte) et la voie thalamo-cortico-amygdalienne ( route longue). La première véhicule une perception grossière et rapide d'une situation puisque c'est une voie sous-corticale qui ne bénéficie pas de la cognition. Elle active l'amygdale qui, par l'entremise de son noyau central, fait naître des réactions émotionnelles avant même que l'intégration perceptuelle n'ait eu lieu et que le système puisse se représenter complètement le stimulus.
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Dans un deuxième temps, le traitement de l'information par la voie corticale longue arrive à l'amygdale et précise si c'est un véritable stimulus menaçant ou s'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Pour ce faire, différents niveaux de traitement cortical sont nécessaires. En effet, après un traitement des différentes modalités de l'objet par le cortex sensoriel primaire, le cortex associatif unimodal fournit à l'amygdale une représentation de l'objet. À un niveau d'analyse encore supérieur le cortex associatif polymodal conceptualise la chose et en informe également l'amygdale. Cette représentation élaborée de l'objet peut alors être comparée au contenu de la mémoire explicite grâce à l'hippocampe qui entretient lui aussi des liens étroits avec l'amygdale. |
En effet, c'est l'hippocampe qui permet en premier lieu l'apprentissage du caractère dangereux d'un objet ou d'une situation grâce à la mémoire explicite. L'hippocampe est aussi particulièrement sensible à l'encodage du contexte associé à une expérience aversive. C'est lui qui fait en sorte que non seulement un stimulus peut devenir une source de peur conditionnée, mais également les objets autour, la situation ou le lieu où il se trouve.
La présence imminente d'un danger poursuit alors le travail d'activation de l'amygdale dont les patterns de décharge vont activer les structures efférentes responsables des manifestations de la peur comme la fréquence cardiaque et de la pression sanguine élevées, les mains moites, la bouche sèche, les muscles tendus, etc.
Copyleft: Institut de recherche en santé du Canada
Lorsque nous avons peur, notre organisme réagit, notamment en produisant des hormones, dont l'adrénaline, qui va se propager dans tout le corps et préparer nos muscles à l'action. Suivant l'intensité de l'émotion nous pouvons ressentir différentes réactions :
Ces déferlements d'hormones dans notre corps ont aussi des effets au niveau de notre esprit et peuvent provoquer des réactions psychologiques telles que :
Toutes ces réactions ont un sens du point de vue de la situation de danger. Elles nous sont utiles dans ce contexte. Les battements accélérés de notre coeur et l'augmentation de notre respiration nous permettent de mobilier plus d'énergie rapidement. Notre système nerveux est "sous tension", d'où les tremblements, prêt à réagir au plus vite. La transpiration accrue est plus une conséquence de l'augmentation du débit sanguin et de la mobilisation de l'énergie dans les muscles. De même, le tremblement de la voix est une conséquence de l'excitation nerveuse, et n'a pas forcément une utilité directe. etc.
La peur peut parfois provoquer une sorte de paralysie, on se sent incapable de bouger, complètement bloqué par la peur. Cette réaction peut sembler paradoxale face à un danger, mais elle peut se comprendre comme un comportement visant à ne pas se faire repérer, à passer inaperçu.
Les différentes formes de la peur se distinguent d'une part par leur intensité et d'autre part par les conditions de déclenchement.
La langue française a un vocabulaire riche pour distinguer les différentes nuances de la peur. Par exemple :
Nous pouvons avoir peur d'un danger réel, présent en face de nous, mais nous pouvons aussi avoir peur d'évènements que nous projetons dans l'avenir même si nous ne sommes pas absolument sûr qu'ils vont se produire, ou bien nous pouvons avoir peur de choses totalement imaginaires. Nous pouvons aussi avoir peur sans savoir de quoi il s'agit, le déclenchement de la peur se faisant à un niveau inconscient.
Sous le terme de "troubles anxieux", les instances médicales regroupent un certain nombre de pathologies dont l'émotion dominante est la peur. Il s'agit des suivantes:
Dans ces troubles, la peur est soit déclenchée de façon inconsciente, dans les angoisses, les t.o.c., ou les attaques de paniques par exemple, soit elle est disproportionnée à la cause, comme dans les phobies.